skip to Main Content

Comment créer son premier potager quand on n’y connaît rien ?

JARDIN – Est-ce mieux de semer ou de planter des légumes ? Faut-il pailler toute l’année ? Et d’ailleurs, à quel moment lancer son potager ?

Que ce soit pour vous occuper les mains, pour faire plaisir à vos enfants ou dans l’idée de devenir un jour autosuffisants en légumes, ça y est, votre décision est prise. Vous allez cultiver votre propre potager.

Au moment de vous lancer, les questions vous assaillent et la récolte paraît bien loin. Ne vous en faites pas, nous avons demandé à Denis Berger, titulaire d’un master en biologie et sciences du vivant, qui propose des formations avec le site Loessence Permaculture, de nous faire réviser les bases. Ce jardinier expérimenté cultive à l’année assez de légumes pour nourrir une famille de 4 personnes.

Rien ne vaut la pratique pour apprendre, mais en attendant de faire vos propres expériences, voilà 6 conseils qui pourraient bien vous faire gagner du temps.

1 – Quand vaut-il mieux commencer son potager ?

Traditionnellement, on sème en avril et on repique ses plants en mai pour récolter de fin août à mi-octobre. Mais, comme le fait remarquer Denis Berger, “les maraîchers, eux, travaillent toute l’année”.

Avec la méthode qu’il a mise en place, “l’holisticulture”, qui s’appuie sur la permaculture pour ramener le jardinage à seulement deux actions une fois le système mis en place (semer et récolter), même les jardiniers qui ont peu d’espace et de temps peuvent étaler les récoltes tous les mois, y compris l’hiver.

Mais, pour débuter, il sera plus facile de lancer son potager en avril ou mai.

2 – Comment créer sa première plarcelle de culture ?

S’il y a une chose à retenir, c’est de ne pas retourner la terre. Cela perturbe la structure en couches du sol et la vie des micro-organismes. Aérer la terre et la décompacter est suffisant et privilégié en permaculture.

La plupart du temps, il faut six mois à un an pour bien préparer la terre, mais voici la méthode de Denis Berger, pour créer sa première parcelle en 24 heures :

  • gratter la surface de la pelouse avec une griffe, pour enlever la mousse et les principaux végétaux,
  • décompacter la terre avec une fourche bêche : enfoncer les dents à 10-15 cm maximum et faire des va-et-vient, sans retourner la terre
  • passer une pelle bêche à ras du sol, à plat, pour trancher l’herbe (il va rester des racines et des herbes, mais ce ne sera pas gênant),
  • arroser abondamment le sol s’il est sec,
  • pailler sur 10 à 15 cm avant même de semer quoi que ce soit.

Cela suffit pour créer un potager dans la majeure partie des cas. Mais tout dépend de votre situation. “Il existe de multiples méthodes, tout dépend de la terre, de sa condition physique et de son envie”, répond Denis Berger. Par exemple, si la terre de votre jardin n’est pas cultivable (remblais, milieu montagneux, ancien site industriel pollué…), il pourra être préférable d’importer de la terre extérieure pour créer un potager en carré. Un potager surélevé sera une bonne idée pour les personnes à mobilité réduite.

3 – Quelle surface cultiver pour son potager personnel ?

Vous pouvez commencer avec un carré d’un mètre sur un mètre… mais vous risquez de tellement aimer les légumes de votre potager, qu’il sera rapidement trop petit ! Pour Denis Berger, il ne faut pas hésiter à cultiver au moins la moitié de son jardin. “Un jardin potager peut être aussi joli qu’une belle pelouse”, rassure-t-il.

Et si vous visez l’autonomie alimentaire ? “Pour une famille de deux adultes et deux enfants, avec un régime alimentaire végétarien ou vegan, il faut compter 2000 m2 cultivés pour être autonomes en légumes”, estime le jardinier.

4 – Faut-il semer des graines ou repiquer des plants ?

“Il y a deux grandes familles de légumes, explique Denis Berger. Ceux à court développement, que l’on récolte deux mois à deux mois et demi après les avoir semés, et ceux que l’on récolte trois à six mois (plutôt six mois d’ailleurs) après les avoir plantés.” 

Les laitues appartiennent à la première catégorie. Si vous les semez maintenant, vous pourrez les manger en juin. Mais pour les tomates, qui appartiennent à la deuxième catégorie, il faudra patienter jusqu’à mi août. A moins que vous ne repiquiez des plants de tomates achetés en jardinerie ! Les plants ont l’avantage de vous faire gagner un mois à un mois et demi.

Pourtant, Denis Berger est catégorique : mieux vaut semer ! En effet, la quasi-totalité des plants poussent dans des serres chauffées, dans des conditions optimales qu’ils ne retrouveront pas dans votre jardin. “C’est comme si quelqu’un était élevé dans une bulle climatisée et qu’on le jetait d’un coup en pleine forêt. C’est pour cela que la majorité des salades plantées sont mangées par les limaces”, détaille le formateur.

A l’inverse, semer forcera vos plantes à s’adapter, elles seront plus résistantes. Ainsi vous pourrez récolter sans utiliser de traitement chimique contre les limaces ou les maladies.

5 – Comment organiser son potager ? Avec de belles rangées ?

“Dans un champ, on n’a pas un rang de coquelicots et à côté, un rang de pâquerettes”, plaisante Denis Berger. Une manière de souligner que, pour lui, il vaut mieux oublier les légumes en rangs. Mélanger les plantes a de multiples avantages : chacune apporte des éléments différents à la terre et attire des insectes qui sont les prédateurs des insectes attirés par leurs voisines. C’est pourquoi Denis Berger conseille de mélanger légumes, fleurs, aromates et arbres fruitiers sur une même parcelle.

Bien sûr, s’il est plus facile pour vous de faire des rangs, rien ne vous en empêche. Le maraîcher Le Potagiste, de son surnom sur YouTube, estime que la nature est tout de même un peu organisée, et qu’un potager est de toute façon une création humaine. Les rangs permettent d’après lui de rationaliser l’organisation et de se simplifier la vie. A chacun son jardin !

6 – Faut-il pailler toute l’année ?

L’un des principes du jardin en permaculture est de ne jamais laisser le sol nu, mais de le recouvrir d’un paillage, pour conserver l’humidité. Mais quand faut-il pailler et à quelle fréquence ?

Comme la permaculture, qui a remis en question les méthodes de culture ancestrales, date seulement des années 1970, il y a encore beaucoup de discussions parmi ceux et celles qui la pratiquent. “On est encore sur le tâtonnement expérimental, on va retrouver d’innombrables vidéos et écrits qui donnent des informations opposées, c’est assez perturbant”, reconnaît Denis Berger.

Sa position sur le sujet : s’inspirer de la forêt. Les feuilles tombées à l’automne se décomposent lentement, mais en août, le matelas au sol a beaucoup diminué. Et pourtant, le sol est très fertile ! En effet, il faut à la fois un certain taux d’humidité, une certaine luminosité et un certain taux d’oxygène pour favoriser le développement des champignons, eux-mêmes indispensables à la croissance des végétaux. Au potager, il fait donc le choix de ne pailler que deux fois dans l’année : une fois avant les grandes gelées et juste avant les grosses chaleurs, pour ne pas étouffer le sol.

Article original sur le site de 19h39

Cet article comporte 0 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back To Top